Réparer son toit

D’après notre couvreur notre toiture a été refaite lors des reconstructions massives effectuées après la dernière guerre. C’est son état général et surtout la taille des ardoises, introuvables en France mais communes en Angleterre, qui lui fait dire cela.

Elle tient encore le coup. Ce sont les crochets métalliques qui tiennent les ardoises qui lâchent lorsque le vent est trop violent comme cela a été le cas ces derniers jours en Normandie et cinq ardoises avaient été déplacées.

Ce n’est pas bien compliqué de replacer des ardoises : il suffit de remplacer les crochets et de les glisser à leur place.

Réparer mon toit fait partie des occupations simples et fondamentales que j’ai toujours plaisir à faire par moi-même tout comme faire mon pain.

C’est aussi l’occasion de voir notre terrain et les alentours sous un angle inhabituel et spectaculaire et le plateau qui nous entoure est d’une grande beauté bien que les agriculteurs aient fait disparaître le bocage normand dont on devine encore quelques traces.

Algorithmes génétiques

Un aspect inattendu du magasin le Retour à la Terre créé par ma femme Catherine est qu’il me donne l’opportunité de travailler dans des domaines connexes à ceux que je connais sur des projets intéressants parce que directement valorisables et à taille humaine.

C’est le cas du système de gestion des emplois du temps dont je viens de terminer une première version.

La gestion des emplois du temps dans une entreprise gérant une dizaine de personnes avec des rôles et des contraintes d’emploi du temps très variées est un véritable casse-tête et Catherine passait chaque semaine plus d’une demi-journée à constituer l’emploi du temps de la semaine suivante.

Les recherches que j’ai fait sur Internet pour essayer de dénicher un logiciel pouvant gérer cela sans modifier les habitudes déjà prises au magasin (j’estime que c’est aux logiciels de s’adapter aux organisations et non l’inverse) et de préférence disponible en Open Source se sont soldées par un échec et après l’avoir vu une nouvelle fois gâcher son week-end à travailler sur l’emploi du temps je me suis résolu à écrire mon propre système pour gérer cela.

Ce type de problème me rappelait pourtant de mauvais souvenirs, l’optimisation sous contraintes restant pour de nombreux centraliens de ma promotion synonyme de « Simplexe« , un des points les plus obscurs du cours d’analyse numérique…

Pour éviter cela, j’ai décidé de mettre en pratique les rudiments d’algorithmes génétiques que j’avais récemment acquis grâce au livre fascinant de Toby Segaran : « Programming Collective Intelligence« .

Et ça marche!

C’est sans doute un des problèmes les plus complexes que j’ai dû résoudre et l’efficacité de cette méthode est simplement ahurissante.

En deux mots, les algorithmes génétiques appliquent à la recherche de solutions des techniques empruntées à l’évolution naturelles des espèces : on part d’une population de solutions générées aléatoirement que l’on note et on les améliore, génération après génération par des sélections et des mutations et croisements aléatoires.

Les deux principales difficultés sont la modélisation et la notation des solutions, le reste étant de la programmation classique sans grande difficulté.

C’est une manière de programmer – et de raisonner! – totalement nouvelle pour moi. Elle est fascinante par le parallèle entre ces populations de solutions et la biodiversité du monde qui nous entourent et l’observation de la manière dont convergent ces solutions alimente toutes sortes de réflexions…

J’aime beaucoup ce type de projets courts dont la richesse repose sur quelques idées simples.