Merveilleux nuages sans bullshit

– Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages!

Charles Baudelaire, petits poèmes en prose

Les nuages sont insaisissables et fascinants.

Ils sont incroyablement variés et, du cirrus au  stratus, ils se situent à des altitudes bien différentes.

La notion même de nuage est une question de point de vue : si vous avez déjà marché en montagne, vous aurez remarqué qu’il suffit de monter pour que les nuages deviennent brouillard.

La métaphore de l’informatique dans les nuages a ses limites, comme toute métaphore, mais elle partage ces deux caractéristiques.

La notion de cloud computing est une question de point de vue : pour l’utilisateur “final”, tout site ou application web est dans le nuage puisqu’il ne sait que très exceptionnellement quelle machine l’héberge. Pour l’administrateur du site web par contre, le site ne sera “dans le nuage” que s’il est hébergé sur une machine virtuelle!

Le cloud computing peut également se situer à des hauteurs bien différentes, entre le stratus qu’est la machine virtuelle que l’on administre comme une machine réelle et les cirrus que sont les logiciels en tant que services sans oublier les cumulonimbus qui ont vocation à remplir tous les créneaux.

Je me suis laissé tenter par un tout petit stratus et viens de migrer les sites que j’administre sur des machines virtuelles chez Gandi.

Pourquoi un stratus? De la même manière que j’aime faire mon pain ou réparer mon toit, j’aime installer et administrer les outils informatique que j’utilise. Alors que les informaticiens tendent à devenir de plus en plus spécialisés, j’y vois là une manière de maintenir un minimum de culture générale en informatique! Je préfère donc administrer une machine (virtuelle ou non) plutôt que d’utiliser des logiciels en tant que services.

Pourquoi un petit stratus? Parce que j’ai toujours préféré les petites structures aux grands groupes!

Pourquoi Gandi? Je suis reconnaissant à Gandi de m’avoir fait sortir des griffes monopolistiques de Network Solutions en faisant au passage chuter le prix du domaine de $70 à 12€ ! Depuis plus de 10 ans, j’apprécie le service, la culture et le slogan “No Bullshit” de cette entreprise.

J’ai donc migré mes trois dediboxes sur des serveurs virtuels Gandi.

Ne vous laissez pas tromper par les chiffres : le serveur dédié dedibox à 14,99€ est beaucoup plus puissant que la part de Gandi serveur à 12€ et ma facture chez Gandi est plus élevée qu’elle ne l’était chez dedibox.

Pourquoi cette migration?

Après des débuts un peu difficiles (mes premières dediboxes se bloquaient très fréquemment) les dediboxes sont devenues très fiables mais ce sont toujours des machines physiques qui vieillissent et Online les renouvelle tous les trois ans environ. Cela signifie qu’il faut réinstaller ses serveurs tous les trois ans.

De même, ces machines ne sont pas évolutives et il n’est pas question de rajouter de la mémoire, de l’espace de stockage ou du CPU si vous en avez besoin.

Les serveur virtuels sont au contraire virtuellement éternels : si Gandi ne fait pas d’erreur de manipulation, il n’y a aucun risque qu’une machine virtuelle “vieillisse”.

Ils sont également très souples et on peut très simplement rajouter de la mémoire, de la puissance de calcul, de l’espace de stockage ou des interfaces réseau. La plupart de ces opérations se font même à la volée, sans redémarrer le serveur.

Après quelques semaines, quel bilan?

Je ne n’avais eu l’occasion d’apprécier le support Gandi que pour les enregistrements de domaines. Je peux maintenant vous dire qu’il est tout aussi réactif sur l’hébergement. Lorsque l’on s’adresse au support au moyen de l’interface web, une case à cocher permet de signaler si son serveur est bloqué, ce qui permet au support de traiter votre cas de manière prioritaire.

Les trois premières semaines après le passage en production de mon premier serveur, les accès disques se sont bloqués à trois reprises pendant deux à trois heures à chaque fois.  Le support Gandi a rapidement signalé le problème, indiquant que “les accès disques étaient ralentis”. Pour ma part, j’aurais plutôt dit “gelés” que ralentis (No Bullshit!) : la machine virtuelle était totalement bloquée, les services (HTTP, SSH, SMTP, IMAP, …) ne répondant plus du tout.

Gandi semble avoir identifié et  corrigé le problème et depuis tout fonctionne très bien.

Les performances en écriture disque sont souvent un peu faibles, de l’ordre de 60 MB/s, mais ce soir elles semblent correctes:

vdv@community:/tmp$ dd if=/dev/zero of=test.file bs=1024k count=512
512+0 enregistrements lus
512+0 enregistrements écrits
536870912 octets (537 MB) copiés, 5,01527 s, 107 MB/s

Pour le moment tout se passe donc bien et les deux reproches que je pourrais faire sont d’ordre administratif.

L’interface d’administration sur le site est agréable à utiliser, mais les erreurs de saisie sont trop rarement documentées : la plupart du temps, le champ incriminé est signalé mais aucun message d’erreur ne vient expliquer comment le corriger. Dans les cas les plus complexes, cela se traduit par un message au support technique et c’est beaucoup de temps perdu pour le support comme pour l’utilisateur.

Gandi permet d’acquérir des ressources sans aucun engagement et cette formule est très souple mais chaque acquisition donne lieu à une facturation séparée (il en est de même pour les renouvellement de domaines si vous activez le renouvellement automatique).  Je me retrouve donc avec des dizaines de petites factures, certaines pour quelques euros seulement, qui vont être un cauchemar à traiter! Pourquoi ne pas proposer de regrouper ces montants en une facture mensuelle unique?

J’attends maintenant avec impatience de pouvoir tirer partie de la souplesse que m’offre cette formule.

Cela pourrait être le cas à l’occasion de la prochaine montée de version du système d’exploitation que j’utilise (Ubuntu).

Pour mes serveurs, je préfère utiliser les versions LTS (Long Term Support) qui sont publiées tous les deux ans. La différence entre deux versions est significative et les montées de version sont souvent pénibles.

Je n’ai pas encore regardé dans le détail comment faire, mais je compte “cloner” les machines virtuelles de mes serveurs pour effectuer les mises à jour sur les clones tout en laissant les originaux en service. Cela devrait me permettre de faire la mise à jour et de la tester sans interrompre le service.

A suivre…

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2 thoughts on “Merveilleux nuages sans bullshit”

  1. Je veux seulement vous dire que tous les services Gandi peuvent avoir une seule facture mensuelle. Et je suis sur que, comme moi, vous allez aimer leur offre.

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