Paris Web 2011 – deuxième jour

La deuxième journée de Paris Web a t-elle été du même niveau que la première? Réponse après la photo!

Célinecélines

Fidèle au petit amphi, j’ai démarré cette deuxième journée par “Industrialisation de l’intégration Web : la révolution de l’artisan devenu ouvrier” de Thomas Parisot qui a dressé un parallèle entre les processus d’industrialisation que nous avons connu dans le passé et l’évolution des métiers du web.

Pour les besoins de sa démonstration il prit comme exemple l’industrialisation de l’agriculture en des termes que mon autre casquette n’auraient pas désavoué!

Je pense, et il me semble que c’est également la thèse de Thomas Parisot, que ce qui est déterminant (et condamnable) dans l’industrialisation est la forme d’organisation du travail qui conduit à considérer les hommes comme des machines et qu’il faut être beaucoup plus nuancé sur l’aspect outillage qui permet parfois d’améliorer les conditions de travail.

Pour reprendre le parallèle avec l’industrialisation de la production de biens manufacturés, une chaîne de montage n’utilisant que des outils mécaniques (marteau, tournevis, …) obéit à une logique industriel alors qu’un artisan utilisant des outils électrique reste un artisan.

Bien que Thomas Parisot ait insisté lors de sa présentation sur l’aspect humain de l’industrialisation, il me semble que plusieurs questions mirent en évidence une certaine confusion entre ces aspects outillage et organisation du travail liés au terme “industrialisation”.

Célinecélines, l’oratrice qui suivit avait choisi un sujet ambitieux pour sa présentation : “La Sagesse du Web” et, ne la connaissant pas, je m’étais demandé si je ne devais pas changer de salle. Cela aurait été une grave erreur : cette québéco-libanaise a réellement les qualités nécessaires pour distiller la sagesse du web avec talent (ses slides, qu’elle dessine elle même sont superbes) et un humour à la Gad Elmaleh dans sa période québécoise.

Sa présentation aborde trop de sujet pour être résumable, disons simplement qu’elle tord le coup à beaucoup de fausses idées communément admises à propos du web telles que “le web est virtuel” (non, le web est réel) ou le “user generated content” (prononcé avec une voix de robot comme s’il s’agissait de quelque chose d’artificiel) qui est tout sauf artificiel.

Une présentation à voir et à revoir quelque soit la raison pour laquelle on s’intéresse au web!

La typo, mon navigateur et moi de Jérémie Patonnier était en quelque sorte un zoom de la session “Un navigateur, comment ça marche ?” présentée hier par Anthony Ricaud.

Après quelques rappels historiques auxquels il est difficile de résister quand on parle de typographie, Jérémie Patonnier a expliqué comment un navigateur affiche les caractères sur un écran, notamment dans les cas des polices de caractères téléchargées, un sujet beaucoup plus complexe qu’on ne pourrait l’imaginer!

Avant le déjeuner, changement de salle pour voir Christophe Clouzeau parler de “web développement durable : Green IT à toutes les sauces“.

Dès son introduction nous sommes prévenus qu’il va nous infliger plein de chiffres pour nous montrer l’impact du métier de web développeur sur l’environnement et il a tenu sa promesse : nous savons maintenant qu’un ordinateur produit une tonne de CO2 lors de sa fabrication, qu’un avatar consomme autant d’énergie qu’un brésilien et que taper une URL dans la barre des URLs plutôt que de la chercher sur Google contribue à sauver la planète.

Sa présentation est donc très éloquente pour sensibiliser les web développeurs à la consommation directe des outils qu’ils utilisent mais je regrette qu’elle n’ai pas abordé l’impact de leurs choix sur la consommation par les utilisateurs des sites qu’ils créent.

Multipliée par des milliers, des millions voir des milliards d’utilisateurs l’impact de ces choix me semble en effet, du moins pour les “gros” sites, nettement plus déterminant que leur consommation personnelle et j’aurais aimé apprendre combien coûte l’ajout d’une “Google ad”, d’un accès “Google analytics”, d’un bouton “I like” de Facebook…

J’aurais également été curieux de connaître le bilan carbone d’une page dynamique par rapport à une page statique pour savoir combien coûtent les “conseils” que rajoute Amazon et que je ne lis qu’une fois sur cent!

Après le déjeuner David Larlet a animé une conférence / débat “L’OpenData : une évolution culturelle, politique et technique“, faisant notamment un état des lieux sur l’avancement des projets en France où la plupart des projets sont d’origine locale (communes, départements ou régions).

Un des risques actuels est que ces initiatives puissent ne pas donner lieu à une exploitation des données publiées ce qui décourageraient les autres collectivités locales de suivre l’exemple de ces quelques précurseurs.

D’un autre côté, l’exploitation des données n’est pas toujours évidente surtout quand on apprend qu’elles sont souvent exposées sous forme… de documents Excel ou PDF!

Partant de là, le débat s’est attardé sur la question de savoir s’il est préférable de conseiller de bonnes pratiques notamment en matière de formats au risque de freiner d’éventuels nouveaux entrants en leur imposant une complexité qu’ils ne sont peut être pas près à affronter ou s’il faut au contraire continuer à susciter de nouvelles vocations même si les données publiées sont difficiles à exploiter en se disant qu’il s’agit d’une première version que l’on améliorera par la suite.

Changement de salle pour suivre Denis Boudreau présentant “SEO, mobilité et accessibilité : la sainte trinité d’un développement Web inclusif“.

Parfois présenté (selon ses propres termes) comme un ayatollah de l’accessibilité au Québec, Denis Boudreau est bien placé pour savoir que la notion d’accessibilité n’est pas toujours facile à “vendre” aux décideurs.

Les normes et réglementations nationales peuvent dans certains cas faciliter les choses, mais elles font apparaître l’accessibilité comme un concept monolithique (on est conforme ou pas) alors que Denis Boudreau préfère s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue (ou agile comme Élie Sloïm et Laurent Denis l’ont si bien montré hier).

Pour convaincre les décideurs de s’engager dans une telle démarche, Denis Boudreau propose de leur faire remarquer qu’au plan technique il y a beaucoup de points communs entre les bonnes pratiques de l’accessibilité, du SEO et du web mobile. On peut donc définir un plan d’action commun qui améliorera simultanément les sites sur ces trois axes.

Seul bémol au tableau : un participant fait remarquer lors des questions que si cela est vrai pour le référencement “soft”, certaines pratiques (plus discutables) de référencement “hard” vont à l’encontre des l’accessibilité!

Olivier Thereaux avait choisi un titre ironique pour sa présentation “Les données ouvertes et liées (Linked Open Data) pour les allergiques au RDF” qui détaillait comment la BBC publie (notamment en RDF) et utilise les données du Web.

Plutôt que de constituer des silos internes et fermés, la BBC a au contraire une approche ouverte. Elle utilise quand elles sont disponibles des données provenant de sources comme Wikipédia ou MusicBrainz (quitte à inciter ses employés à contribuer à  ces sites) et publie les données qui lui sont propres (telles que ses programmes) sous forme ouverte.

La journée s’est terminée comme elle a commencé par une conférence sur l’industrialisation puisque Benoit Piette a présenté principes d’ingénierie du développement Web.

Benoit Piette place l’industrialisation à un autre niveau que Thomas Parisot, puisque pour lui les objets produits sont les pages webs et les “ouvriers” sont les programmes qui génèrent ces pages web.

Partant de cette définition, les développeurs sont des ingénieurs ne sont pas des ouvriers mais des ingénieurs suivant la définition de ce terme sur Wikipédia :

“Un ingénieur (du latin ingenium) est un professionnel exerçant des activités de conception et de direction de projets, de réalisation et de mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services impliquant des problèmes techniques complexes. Ces responsabilités supposent alors un ensemble de connaissances techniques d’une part, économiques, sociales, environnementales et humaines d’autre part, reposant sur une solide culture scientifique.”

Au delà de ce clin d’œil à la présentation de Thomas Parisot, Benoit Piette a partagé les enseignements tiré de 14 ans de pratique des techniques de l’internet.

Retour ensuite dans le grand amphithéâtre pour la conclusion de Eric Daspet et un de ovation bien méritée de toute l’équipe de Paris Web.

Rendez vous demain pour mon atelier sur la création et le partage d’archives web personnelles!

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