Paris Web 2011 – premier jour

C’est un message de Karl qui m’a incité à venir à Paris Web et je le remercie de m’avoir fait découvrir une conférence qui avait échappé à mon radar (elle était sans doute trop près de chez moi!).

Karl Dubost à Paris Web 2011

J’aurai le plaisir d’y présenter mon projet de création et de partage d’archives web personnelles (owark) samedi après midi.

D’ici là, je profite de cette conférence bien rodée (c’est sa sixième édition) pour reprendre un peu contact avec la communauté du web perdue de vue depuis l’arrêt des conférences européennes XTech dont la dernière édition date de 2008.

Ce premier jour a été bien intéressant.

J’ai démarré avec Stéphane Deschamps et sa présentation “KISS dans une grande entreprise“. Consultant indépendant (et solitaire) depuis 12 ans, le fonctionnement de ces grandes entreprises me dépasse décidément de plus en plus et il faudrait que j’écrive un jour quelque chose sur “KISS dans une micro entreprise”!

Stéphane ayant été plus bref que prévu, j’ai pu assister à la fin de la présentation “Accessibilité : soyons agiles” de Élie Sloïm et Laurent Denis, duo d’orateurs bien rôdé et captivant.

Au delà des problèmes d’accessibilité traités avec brio, je trouve intéressant de voir la manière dont la notion d’agilité se répand dans tous les domaines du développement web.

Parties en 1999 du développement logiciel “classique”, les méthodes agiles se sont d’abord propagées au développement de sites web où leur approche de publication incrémentale est bien adaptée.

Théorisées dans un “manifeste“, elles semblent convenir aux différentes facettes du développement web (accessibilité, ergonomie, performances, design, …), les seuls freins pouvant être dans le domaine de la sécurité et de l’image (la première impression compte et on pourra préférer ne pas livrer trop tôt la première version d’un site).

Stéphane Enten et Julien Coulon nous ont ensuite expliqué “comment améliorer les performances avec l’usage mixé d’hébergeurs, CDN et Clouds“.

J’avais rencontré Julien Coulon la veille lors du traditionnel dîner des orateurs et ce qu’il m’avait dit de sa société cedexis m’avait laissé sur ma faim.

C’est un vrai projet du Web 2.0 puisqu’il se base sur des données de performance temps réels recueillies par les navigateurs des utilisateurs des sites participants, mais sa valeur ajoutée vient d’une utilisation astucieuse (et un peu détournée) d’un des plus anciens maillons d’internet : le serveur de noms.

Cedexis intervient en effet au niveau des serveurs de noms pour aiguiller chaque utilisateur en fonction de l’origine de sa requête vers le serveur le plus rapide à un moment donné en s’appuyant sur ces données de performance.

Pour réagir de manière rapide aux modifications des trafics et incidents réseaux, la durée du cache des serveurs de noms (le TTL ou Time To Live) est ramené à 20 secondes.

Pour donner un ordre de grandeur, le livre “DNS and BIND 3ème édition” qui fut mon livre de chevet quand j’ai installé mes premiers serveurs de noms en 1999 disait à propos du TTL :

“Une semaine est la valeur la plus grande qui ait un sens. On peut utiliser une valeur aussi courte qu’une heure, mais ce n’est pas recommandé à cause du volume de trafic DNS que cela cause.”

Le vénérable DNS est-il lui aussi en train de passer d’un mode statique à un mode dynamique?

Si vous vous demandiez comment “tester l’ergonomie de son site même sans budget”, la présentation de Maurice Svay était faite pour vous. La réponse est simple et séduisante : faites le vous même…

Grâce à Maurice Svay, je sais maintenant comment recruter des utilisateurs dans ma famille ou au café pour faire de vrais tests utilisateurs à peu de frais, à moins que je préfère utiliser les quelques sites de test à distance qui commencent à fleurir sur le web!

J’étais donc dans le petit amphithéâtre où, malgré mes réticences envers HTML 5 (non, je n’ai pas changé d’avis) je m’apprêtais à écouter Mounir Lamouri faire le point sur “Formulaires HTML5 : où en est-on ? Que peut-on faire ?” quand une foule compacte a envahi l’amphi au point que les organisateurs faisant eux aussi preuve d’agilité ont décidé d’intervertir les amphis.

J’avais hésité entre les deux présentations : HTML 5 me serait sans doute plus utile (que je le veuille ou non) dans mon activité mais je pourrais plus facilement trouver les informations sur le web alors que la présentation “je veux un VRAI sous-titrage !” de Sophie Drouvroy me semblait une occasion beaucoup plus unique d’aborder ce sujet.

J’ai donc décidé de rester dans le petit amphi, mais mon appareil photo n’a pas du sentir ce changement de programme puisque quand j’ai voulu prendre Sophie Drouvroy en photo il avait disparu de son étui et que je l’ai ensuite retrouvé dans le grand amphi!

Je remercie chaudement tout ceux qui en ont pris soin pendant ce laps de temps!

Quand on pense aux problèmes d’accessibilité de sites web, on pense surtout au problèmes pour les aveugles mais la publication de contenus multimédias pose également des problèmes d’accessibilité pour les sourds.

Sophie Drouvoy est à la fois sourde et web designer. Elle est donc doublement qualifiée pour aborder ce sujet et son témoignage était vraiment émouvant.

Après un buffet aussi bon que copieux, l’après midi a démarré sur les chapeaux de roues avec “les neurosciences au service du design numérique” présentées par Marc Van Rymenant.

Réaliser un IRM sur un utilisateur regardant une page web n’est pas à la portée de n’importe qui : c’est interdit en France et strictement contrôlé en Belgique et je ne suis pas certain qu’il faille le regretter.

C’est toutefois le genre d’exercices auxquels se livre Marc Van Rymenant et les résultats sont passionnants. Au delà de ces techniques, ce nouveau domaine qui dépasse les méthodes utilisées traditionnellement par les ergonomes met le comportement humain au centre du design des sites web.

Après avoir décortiqué le fonctionnement du cerveau humain, Anthony Ricaud est venu décortiquer celui des navigateurs web et répondre à la question “un navigateur, comment ça marche ?“.

Faute d’IRM, Anthony Ricaud a du interroger ses collègues de Mozilla et le résultat est un aperçu de haut niveau des algorithmes utilisés par les navigateurs pour afficher une page web qui apporte des réponses à beaucoup de questions que se posent (ou devraient se poser) tout ceux qui conçoivent des pages web.

Daniel Glazman était assis aux premières loges lors de cette présentation et se retenait visiblement d’intervenir quand Anthony Ricaud abordait des questions liées à CSS, ce qu’il a pu faire lors de la séance de questions réponses.

Karl Dubost a enchainé avec “Ouvrir le Web un bug à la fois“, une présentation sur fond d’estampes japonaises dans laquelle il a analysé les relations délicates entre concepteurs de sites web et implémenteurs de navigateurs et les impacts que les erreurs des uns ont sur le travail des autres.

Outre la qualité des slides, cette présentation était remarquable parce qu’elle exposait un petit bout de l’envers du décors : les concepteurs de sites web ont l’habitude de se plaindre sur les impacts des bugs des navigateurs sur leur travail et Karl Dubost a montré que les choses sont plus complexes et que l’inverse est également vrai.

J’ai terminé la journée par la présentation de Raphaël Yharrassarry, “Tester vos services, mythes et réalités !” qui complétait bien celles de Maurice Svay et de Marc Van Rymenant en présentant trois techniques pour mesurer et non analyser l’efficacité de sites web.

Au final, une première journée dense et variée.

L’organisation est sympathique et efficace et veille avec férocité au respect du planning et on en redemande.

Seules ombres au tableau : le wifi est quasiment inaccessible (j’ai réussi à me connecter pendant 10 minutes et n’ai jamais réussi à renouveler cette expérience) et les prises électriques sont quasi inexistantes (4 dans un amphi de 180 places).

Pas d’accès à internet cela signifie bien entendu moins d’interruptions mais aussi pas de tweets, moins de contacts avec les autres participants, pas de recherche pour vérifier des points pendant les interventions, … et cela nous ramène aux conférences du début du siècle!

Pas d’électricité, cela réduit l’empreinte carbone de la conférence, mais ça oblige à utiliser son ordinateur avec parcimonie, à prendre moins de notes et à réduire ses temps de pose pour investir les positions stratégiques dans la salle pendant que les autres participants discutent tranquillement…

 

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