XML Prague 2011 : XML à l’attaque du web

Salle de conférence pendant la pause café

Après une période un peu folle entre 2000 et 2008 pendant laquelle j’ai participé à un nombre impressionnant de conférences, je m’étais mis un peu en retrait et n’avais plus participé à aucune conférence depuis XTech 2008.

XML Prague 2011 était donc pour moi l’occasion de rencontrer à nouveau la communauté des experts XML internationaux et j’étais curieux de voir comment elle avait évolué pendant ces trois dernières années.

MURATA Makoto (EPUB3: Global Language and Comic)A côté des aspects plus techniques, je n’oublierai pas l’image de Murata Makoto exprimant sobrement sa peine pour les victimes du tremblement de terre au Japon.

La tagline de XML Prague 2011 était “XML devait être l’espéranto du Web. Pourquoi n’est-ce pas le cas?” (“XML as new lingua franca for the Web. Why did it never happen?”).

Michael Sperberg-McQueen (Closing keynote)Le contenu de la conférence est resté proche de cette ligne mais il a été résumé de manière plus exacte par Michael Sperberg-McQueen lors de sa clôture : “Mettons du XML dans le navigateur, qu’ils le veuillent ou non!”

Norman Walsh (HTML+XML: The W3C HTML/XML Task Force)Le ton a été donné par Norman Walsh dès la toute première présentation: la convergence entre HTML et XML n’aura pas lieu.

XML a tenté d’être un format neutre convenant aussi bien aux documents qu’aux données sur le web. On peut dire aujourd’hui que cet objectif n’a pas été atteint et que les formats les plus populaires sur le web sont HTML pour les documents et JSON pour les données.

Cela ne semble pas préoccuper plus que mesure le public de XML Prague composé d’aficionados des langages à balises : si la “masse des développeurs web” n’est pas intéressée par XML c’est son problème. Les bénéfices liés à XML sont bien connus et cela signifie simplement que la communauté XML devra développer les outils nécessaires pour utiliser XML dasn le navigateur aussi bien que sur le serveur.

Sur ce thème, beaucoup de présentations couvraient le support de XML dans le navigateur ainsi que les passerelles entre JSON et XML :

  • Validation XML Schema côté client par Henry S. Thompson and Aleksejs Goremikins
  • JSON pour XForms par Alain Couthures
  • XSLT dans le navigateur par Michael Kay
  • Traitement de XML efficace dans les navigateurs par Alex Milowski
  • XQuery dans le navigateur par Peter Fischer

Les outils côté serveurs ont fait l’objet de moins de sessions, peut être parce que le sujet est plus ancien :

  • Une façade JSON pour le serveur MarkLogic par Jason Hunter
  • CXAN: étude de cas pour Servlex, un framework XML pour le web par Florent Georges
  • Akara – “Spicy Bean Fritters” et services de données XML par Uche Ogbuji

Bien entendu, les standards étaient aussi au programme :

  • HTML+XML: la task force W3C HTML/XML (déjà mentionnée) par Norman Walsh
  • Standards update: XSLT 3.0 par Michael Kay
  • Standards update: XML, XQuery, XML Processing Profiles, DSDL par Liam Quin, Henry S. Thompson, Jirka Kosek

Ainsi que les applications de XML :

  • Configuration d’équipements réseau avec NETCONF et YANG par Ladislav Lhotka
  • Développements XML – XML Projects par George Bina
  • EPUB3: le langage et les bandes dessinées par Murata Makoto
  • EPUB: Chapitres et versets par Tony Graham
  • DITA NG – une implémentation Relax NG de DITA par George Bina

Sans oublier quelques présentations techniques sur les implémentations elles mêmes :

  • Traduction de SPARQL et SQL en XQuery par Martin Kaufmann
  • Réécritures déclaratives de XQuery pour le profit et le plaisir par John Snelson

Et la séance de clôture par le roi de cet excercice, Michael Sperberg-McQueen.

Ma présentation, “injection XQuery”, était assez atypique dans cet ensemble et il a fallu tout le talent de Michael Sperberg-McQueen pour lui trouver un point commun en faisant remarquer que pour avoir une chance de mettre XML sur le web il faudrait se préoccuper un peu plus de sécurité.

J’avais été impressionné lors des conférences XTech par l’évolution des techniques de présentation, la plupart des intervenants rejetant les traditionnelles présentation powerpoint et leurs “transparents” surchargés pour des alternatives plus légères et beaucoup plus imagées.

John Snelson (Declarative XQuery Rewrites for Profit or Pleasure)Je pensais ce mouvement inéluctable et ai été bien surpris de voir qu’il n’avait guère atteint les intervenants de XML Prague 2011 qui (à l’exception très notable de John Snelson) continuaient à utiliser powerpoint de manière très traditionnelle.

J’avais conçu ma présentation en suivant ce que je croyais être la technique de présentation devenue classique. Utilisant Slidy, j’avais pas moins de 35 pages très concises à présenter en 25 minutes. Chaque page avait une photo différente en arrière plan et ne comprenait que quelques mots.

Les commentaires ont été plutôt positifs bien que certaines photos d’injections aient choqué quelques participants.

Ma présentation étant du HTML standard, j’avais jugé plus sur d’utiliser l’ordinateur mis à disposition par les organisateurs. C’était sans compter sur les 74 Moctets d’images à charger pour les fonds de pages qui ont mis à mal cet ordinateur un peu poussif et les pages étaient un peu lentes à l’affichage (note personnelle : la prochaine fois, utilise ton ordinateur)!

The twitter wall (and Norman Walsh)Le “mur twitter” projeté au moyen d’un second vidéo projecteur a eu également beaucoup de succès.

Ce mur a été bien pratique pour communiquer pendant les sessions et il remplace avantageusement les canaux IRC que nous utilisions auparavant.

Twitter ne permet malheureusement pas de rechercher dans ses archives et, alors que j’écris ces mots, je ne peux déjà plus accéder aux tweets du premier jour de la conférence!

Avec un peu de recul, si j’essaye d’analyser ce qui s’est dit à XML Prague 2011, j’ai des sentiments mitigés à propos de ce fossé qui se creuse entre communautés Web et XML.

Le rêve que XML puisse être accepté par l’ensemble de la communauté des développeurs web était une vision très forte et nous ne devons pas oublier que XML a été conçu pour mettre “SGML sur le web“.

Ceci dit, il faut bien reconnaître que les développeurs web ont toujours été réticents devant la complexité additionnelle (réelle ou perçue) de XHTML. Ce fossé a toujours existé et après que XML ait manqué le virage du Web 2.0 il était trop tard pour espérer le combler.

XML sur le web restera donc une niche et continuera à être utilisé par une minorité, mais la créativité et le dynamisme de la communauté qui s’est manifesté à Prague est impressionnant et encourageant : il y a encore place pour beaucoup d’innovations et XML est, plus que jamais, une technologie de choix pour développer des applications web.

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