Les belles images

Certains pays sont mal partis : l’Afrique noire en particulier; la poussée démographique en Chine et dans toute l’Asie est inquiétante; cependant grâce aux protéines synthétiques, à la contraception, à l’automation, à l’énergie nucléaire, on peut considérer que vers 1990 sera instaurée la civilisation de l’abondance et des loisirs. La terre ne formera plus qu’un seul monde, parlant peut-être –grâce aux traducteurs automatiques– une langue universelle; les hommes mangeront à leur faim, ils ne consacreront au travail qu’un temps infime; ils ne connaitront plus la douleur ni la maladie.

Les belles images, Simone de Beauvoir, 1966

Ce petit roman que j’avais acheté chez un bouquiniste pendant mes années de taupe n’est, à juste titre, pas considéré comme une œuvre majeure de Simone de Beauvoir et je l’avais complètement oublié avant de la redécouvrir sur une étagère chez mes parents.

Les belles images qu’il décrit semblent aujourd’hui incroyablement naïves et utopiques : pensait-on réellement que les progrès technologiques allaient assurer le bonheur de l’humanité? Si j’essaye de me remettre dans l’ambiance de l’époque, il me semble que cette vision était en tout cas couramment affichée dans les médias et par nos dirigeants. Ce qui est également frappant est l’absence de toute considération environnementale dans cette vision.

Ce décalage est d’autant plus troublant qu’il est cantonné à ces déclarations et n’existe pas au plan des actes : on pourrait le transposer et le rendre très actuel en les remplaçant et en conservant la trame du roman et les actes de ses personnages qui n’ont pas pris une ride.

Les belles images ont décidément bien peu d’influence sur notre façon de vivre!

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