Web 2.0 et entreprises 1.0

Dare Obasanjo et Uche Ogbuji ont publié trois billets web ([dare], [uche1], [uche2]) qui illustrent bien le décalage entre l’informatique d’entreprise et l’informatique du Web.

Ce phénomène n’est pas nouveau et dans les années 90 on retrouvait le même décalage entre l’informatique “sérieuse” prônée par la plupart des DSI et les développements client/serveur que nous préconisions (je travaillais alors chez Sybase) et qui étaient souvent pris en charge par d’autres équipes (parfois les utilisateurs eux-mêmes).

Les DSI ont fini par s’y mettre mais les progrès récents du Web dit 2.0, sont tels qu’il y a peu d’intérêt (en dehors que quelques niches applicatives peu communes) à développer aujourd’hui autre chose que des applications Web.

Les implications sont plus profondes qu’il n’y parait.

Au plan technique, et c’est l’objet des billets que je cite, quelle justification peut-il y avoir à utiliser d’autres technologies que celles qui font le succès de monstres tels que Google, Yahoo ou Amazon?

Comment justifier la complexité et le coût des architectures qui caractérisent l’informatique d’entreprise pour développer des applications Web dont les contraintes techniques seront dans la grande majorité des cas nettement plus faibles que celles de ces monstres?

Les entreprises devraient au contraire plébisciter les architectures à base de logiciels Open Source et de langages de script utilisés par les grands sites Web!

Mais c’est peut-être au niveau des utilisations que les gains les plus importants peuvent être réalisés.

Le volet dit “social” du Web 2.0 parvient à rendre le web collaboratif et à transformer ses utilisateurs en acteurs.

N’est-ce pas un enjeu majeur dans les entreprises?

Beaucoup d’entreprises butent sur le manque d’adhésion des utilisateurs en cherchant à mettre en place de coûteux systèmes de gestion des connaissances.

Le Web 2.0 réussi au contraire à faire participer ses utilisateurs, que ce soit pour écrire des documents (Wikipédia), classifier des ressources (del.icio.us et dmoz), partager des photos (Flickr), informer (digg et wikinews), se faire connaître (blogs), constituer des réseaux sociaux (linkedIn, Viaduc, 6nergies, …), fournir du support technique (newsgroups, forums et listes de discussions), développer des logiciels de manière distribuée (SourceForge, Savannah, …), échanger des services intellectuels (Amazon Mechanical Turk, Google Answers, Yahoo! Answers), …

L’utilisation des applications Web 2.0 en entreprise démarre tout juste, essentiellement grâce aux Wikis qui commencent à gagner leurs lettres de noblesse.

Les entreprises ont pourtant tout à gagner à appliquer en interne les recettes qui marchent si bien sur le Web!

Les possibilités sont illimitées et l’entreprise 2.0 utilisera sans doute un Wikipédia interne pour éditer sa documentation, un clone de del.icio.us pour classifier ses ressources internes et externes, un simili LinkedIn pour gérer les relations entre ses employés, un dérivé d’Amazon Mechanical Turk pour canaliser les questions internes ou externes qui lui sont posées, …

C’est un sujet qui me tient à coeur. Contactez moi si vous souhaitez en discuter pour voir comment tout cela pourrait s’appliquer à votre entreprise.

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9 thoughts on “Web 2.0 et entreprises 1.0”

  1. Je viens de decouvrir cet etonnant catalogue :
    http://web2.0awards.org/
    qui propose plus de 300 sites Web 2.0 classes en 38 categories. Il me faudra un peu de temps pour visiter tout ca … mais, ca ne manquera pas d’etre interessant. A suivre,

  2. Il y a effectivement des differences comportementales entre le monde de l’entreprise et celui du web dont il faut tenir compte mais le succes de certaines communautes de pratiques montre que tout espoir n’est pas perdu et que le desir d’aider (et d’etre reconnu) peut etre une stimulation forte en entreprise comme ailleurs!

    Eric

  3. Article pertinent meme si je mettrais un bemol sur le fait que sur le web il n’existe pas d’esprir de competitions et de retenu de l’information. Les personnes qui publient sur le web veulent etre lues et que leurs contenus soient vus. Dans le cadre d’une entreprise il y a un esprit de pouvoir en interne qui fait que la plupart des gens ne veulent pas partager leur savoir (plus que le cout des outils).

    Je pense que le microcosme de l’entreprise puisse etre si facilement mis en miroir avec ce qui se passe sur le web.

    – Sylvain

  4. Le réel problème c’est que au niveau des entreprises les personnes concernées pensent uniquement à bénéficier d’un système stable et ils ne pensent pas à tirer profit des nouvelles technologies

  5. @Yamen Loukil :

    La plupart des entreprises sont effectivement un peu frileuses et hésitent à adopter des technologies qui ne sont pas considérées comme étant stables.

    A leur décharge, il faut dire que l’informatique en général et le web en particulier ne sont en général pas leur métier et que cela accentue le décalage entre ces entreprises et les grands acteurs qui se positionnent sur le marché du “SaaS” (Software as a Service).

    Ce billet a maintenant plus de deux ans et si je suis de plus en plus convaincu que les technologies du web vont finir par être adoptées dans les entreprises, je pense maintenant que cela s’accompagnera d’une externalisation de ces technologies qui bouleversera les départements informatiques plus que je ne le pensais quand je l’ai écrit.

  6. La plupart des entreprises sont effectivement un peu frileuses et hésitent à adopter des technologies qui ne sont pas considérées comme étant stables.

  7. A leur décharge, il faut dire que l’informatique en général et le web en particulier ne sont en général pas leur métier et que cela accentue le décalage entre ces entreprises et les grands acteurs qui se positionnent sur le marché du “SaaS” (Software as a Service).

    Je pense que le microcosme de l’entreprise puisse etre si facilement mis en miroir avec ce qui se passe sur le web.

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